Repenser l’accompagnement des enseignants novices pour accroitre leur satisfaction professionnelle

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L’augmentation de la charge de travail des enseignants novices (EN) et les problèmes de santé au travail qu’elle engendre sont significatifs des difficultés de l’entrée dans le métier des EN. Pour y répondre, des aménagements de la formation sont proposés sans que pour autant leurs retombées soient réellement évaluées. L’objet de cette étude, menée à partir d’une théorie de l’action collective (Wittgenstein, 1996), se situe à ce niveau. En prenant comme dispositif support un aménagement de formation, cette étude montre principalement que sa mise en œuvre n’a que peu d’impact sur la santé au travail des EN.
Deux résultats majeurs étayent cette conclusion. Tout d’abord, les formateurs procèdent rarement à un enseignement ostensif de nouvelles règles relatives à ce qui pourrait être réalisé en classe ainsi qu’aux résultats qui pourraient en être attendus. Autrement dit, les EN ne sont pas placés en situation de « mieux faire » (Clot, 2010) leur travail et par-là même d’en être satisfaits. Sans ces règles, les EN ne peuvent en effet interpréter, juger et in fine s’adapter aux diverses expériences vécues en s’engageant dans des actions singulières et attendues au sein de la communauté professionnelle. D’autre part, les formateurs ne considèrent jamais la situation de classe comme une situation de formation potentielle. Non aménagée, cette dernière place régulièrement les EN en situation d’insatisfaction professionnelle aboutissant à du stress au travail.